Renaissance de Khirbet Ghazala, à Deraa, après des années de déplacement

Renaissance de Khirbet Ghazala, à Deraa, après des années de déplacement

La ville de Khirbet Ghazala, située dans la campagne orientale du gouvernorat de Deraa, connaît un mouvement de retour accéléré de ses habitants, contraints à l’exil pendant les années de guerre. Ce retour s’inscrit dans une volonté déterminée de la communauté locale de revitaliser la ville et d’entamer la réhabilitation des habitations et des infrastructures de base dévastées.

L’histoire de la localité, qui a payé un lourd tribut en vies humaines, reflète celle de nombreux Syriens au cours de la crise. En mars 2013, Khirbet Ghazala s’est retrouvée totalement vidée de sa population en raison des bombardements et des opérations militaires, devenant pendant des années une zone militaire fermée. Les familles ont alors dû se déplacer vers les villages voisins, dans d’autres gouvernorats, ou quitter le pays pour se réfugier en Jordanie, en Suède ou en Allemagne.

Ahmed Nassar al-Zoubi, président du conseil municipal, explique que le retour des résidents a débuté de manière limitée en 2018, avant de s’accélérer ces derniers mois suite à la libération de la ville. Avec une population actuelle estimée à 28 000 habitants, la ville fait face à des défis majeurs, notamment la réhabilitation des réseaux d’eau, d’électricité, d’assainissement et des routes.

Pour surmonter ces obstacles, la communauté locale a lancé des campagnes de dons collectives impliquant jeunes, femmes et membres de la diaspora, afin de restaurer les écoles, les centres de santé, ainsi que les services administratifs et d’état civil. Des initiatives ont également été lancées pour fournir des équipements lourds destinés au déblaiement des décombres et à l’éclairage public, témoignant d’une volonté de reconstruire après des années de dispersion.

Certains rapatriés, comme Ghazi al-Masri, témoignent de l’état de leurs maisons à leur arrivée : des structures dépouillées de leurs portes, fenêtres et installations électriques, pillées durant la période d’occupation. Malgré l’ampleur des destructions, les résidents affirment que leur décision de revenir est portée par la volonté de bâtir leur avenir dans leur pays.

Amer al-Hajj Ali, directeur de la plateforme « Tajammu Ahrar Houran », souligne pour sa part la position stratégique de la ville, située sur l’axe international reliant Damas à Deraa, ce qui en a fait une cible militaire ayant entraîné le déplacement complet de ses habitants et la dislocation du tissu social. Des rapports d’organisations de défense des droits de l’homme, dont le Réseau syrien pour les droits de l’homme et Human Rights Watch, documentent les épisodes de bombardements, de pillages et d’incendies ayant frappé la ville et les localités adjacentes, telles que Namar et Al-Katiba.

Aujourd’hui, le bruit des chantiers de construction remplace peu à peu le silence des années d’exil. Les habitants s’efforcent de redonner vie à Khirbet Ghazala, conscients que les défis de l’après-guerre sont tout aussi cruciaux que ceux du passé, avec pour objectif de reconstruire ce qui a été détruit et de se tourner vers l’avenir.


Source : Syria Focus en arabe

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