Exposition « Wa » à Damas : 50 jeunes artistes explorent l’expérimentation

L’espace « Warda Masar » à Damas accueille actuellement l’exposition du collectif « Wa », une plateforme créative réunissant cinquante jeunes artistes âgés de moins de 35 ans. Organisé par la Direction des beaux-arts du ministère de la Culture, en collaboration avec le collectif d’arts visuels « Madad », cet événement, qui se poursuit jusqu’au 25 du mois, marque un tournant dans la scène artistique de la jeunesse damascène.
Le projet est né d’une initiative spontanée sur les réseaux sociaux, devenue rapidement un vaste rassemblement artistique visant à rompre avec la routine et à offrir des espaces propices à l’expérimentation et au partage. Selon le directeur du forum, Marwan Tayara, le choix du nom « Wa » (le connecteur « et » en arabe) symbolise les liens entre les idées et les individus, renforçant ainsi l’esprit de communauté dans le milieu artistique. Il a souligné que l’événement a réussi à répondre aux ambitions de nombreux jeunes artistes syriens désireux d’exposer leurs travaux contemporains.
La diversité des œuvres présentées est frappante, allant de la peinture et la sculpture aux installations monumentales et au graffiti. Les artistes ont tenu à aborder des thématiques intellectuelles et humanistes proches de la réalité quotidienne et des aspirations de la nouvelle génération, transformant des matériaux bruts comme la pierre et le fer-blanc en pièces vibrantes d’espoir.
Parmi les expériences marquantes, l’artiste Abbas Tattou a présenté une œuvre en fer-blanc explorant la transition de la réalité vers l’imaginaire. Ali Majd a proposé une immense fresque de quatre mètres intitulée « La Farce », utilisant l’expressionnisme pour documenter les contradictions des conflits à travers des couleurs acryliques vives, symbolisant l’espoir au milieu de la violence. De son côté, l’artiste Sofia Jarmani a réalisé une performance de graffiti intitulée « Tu es le centre », utilisant une palette de couleurs spécifique pour exprimer les états psychologiques et les tourments humains.
Enfin, l’artiste Ali Rostom a exploré les concepts de libération des entraves dans son œuvre « Chaîne » (Janzir), caractérisée par des contrastes chromatiques marqués qui confèrent à l’ensemble une dimension cinématographique. Ce forum représente une étape importante pour renforcer la présence des jeunes talents dans la vie culturelle syrienne et offrir un environnement favorable à l’échange d’expertises, constituant une réelle opportunité pour le public de découvrir les créations d’une génération dotée d’une vision expérimentale et singulière du réel.
Source : Syria Focus en arabe
