Syrie : le défi de l’insertion professionnelle pour les jeunes diplômés

Syrie : le défi de l’insertion professionnelle pour les jeunes diplômés

Les jeunes diplômés en Syrie sont confrontés à des défis majeurs lors de leur transition entre l’université et le marché du travail. Leurs aspirations professionnelles se heurtent souvent aux exigences des employeurs, qui réclament une expérience pratique préalable. Cette situation soulève des questions sur le décalage des compétences et la nécessité d’une meilleure adéquation entre l’enseignement supérieur et les besoins du secteur privé et des institutions publiques.

À ce sujet, Ayham al-Bachir, directeur de la formation et du développement à l’Académie syrienne des médias, souligne que le défi ne réside pas tant dans le diplôme universitaire que dans la capacité à transformer les connaissances théoriques en outils professionnels applicables. Selon lui, la solution passe par le renforcement de la formation pratique via des projets simulant l’environnement réel de travail, et par l’implication des employeurs dans la conception des cursus. Il insiste également sur l’importance de programmes de formation débouchant sur des embauches, offrant ainsi aux jeunes une véritable opportunité d’acquérir de l’expérience et de constituer un portfolio démontrant leurs compétences.

De son côté, Samah Choura, consultante en ressources humaines au sein d’une entreprise spécialisée en ingénierie et gestion, indique que les critères de recrutement actuels dépassent le seul niveau d’études. Les entreprises privilégient désormais les compétences comportementales (« soft skills »), telles que la communication efficace, le travail en équipe, la gestion du stress, ainsi que la maîtrise des outils techniques fondamentaux. Elle préconise que la période d’essai soit le critère principal d’évaluation du candidat, plutôt que de se focaliser exclusivement sur les années d’expérience préalable, difficiles à justifier pour un débutant.

Parallèlement, de nombreux étudiants éprouvent des difficultés à concilier des exigences académiques soutenues avec la recherche de stages hors du cadre universitaire, faute de temps et de moyens. Mohamed Salloum, diplômé en gestion d’entreprise, estime que l’exigence d’années d’expérience dans les offres d’emploi constitue un obstacle majeur pour les jeunes. Il plaide pour un soutien accru aux programmes de formation et une mise à jour des programmes d’études afin de mieux répondre à la réalité du marché actuel.

Des initiatives institutionnelles commencent néanmoins à voir le jour pour pallier ces difficultés. L’Université de Damas a examiné cette année des mécanismes pour offrir des stages pratiques aux diplômés dans le secteur privé. Par ailleurs, le gouvernorat de Deir ez-Zor a lancé le projet « Bâtisseurs de demain », visant à accompagner les jeunes diplômés vers l’emploi et l’entrepreneuriat, afin de réduire l’écart entre la formation académique et les besoins réels de l’économie syrienne.


Source : Syria Focus en arabe

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