Homs : mobiliser la société pour protéger les jeunes contre la drogue

La ville de Homs a accueilli une conférence intitulée « Ensemble vers une société consciente et exempte de drogues », organisée par la direction de la culture dans la salle Sami al-Daroubi du centre culturel. Cet événement a rassemblé des experts, des responsables sécuritaires, des professionnels de la santé et des acteurs sociaux pour débattre des stratégies nécessaires à la lutte contre la propagation des stupéfiants parmi les jeunes, une frange de la population identifiée comme étant la plus vulnérable.
Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une approche intégrée. Maher al-Chabib, chef de la branche de lutte contre les stupéfiants à Homs, a souligné que les trafiquants ciblent particulièrement les jeunes, profitant souvent d’un manque de sensibilisation sur les conséquences dévastatrices de ces substances pour l’individu, la famille et la structure sociale. Il a plaidé pour un changement de paradigme dans la gestion des cas de toxicomanie, affirmant que la réponse ne doit pas se limiter à la sanction pénale, mais doit impérativement inclure des programmes de désintoxication, de réhabilitation et d’intégration socioprofessionnelle pour permettre aux individus de redevenir des citoyens actifs.
La dimension sanitaire et psychologique a également été au cœur des discussions. Le Dr Yasmine al-Mir, chercheuse spécialisée dans les sciences humaines au centre de santé d’al-Khaldiya, a mis en lumière les troubles physiques et psychiques liés à la consommation, tels que les troubles du sommeil, l’anxiété, l’irritabilité et une altération significative des capacités cognitives et décisionnelles. Selon elle, un diagnostic précoce, couplé à un soutien familial constant, est déterminant pour le succès du processus de guérison. Le centre d’al-Khaldiya, aux côtés de la clinique centrale de Bayada et du centre de Karam al-Loz, propose des services gratuits de soutien psychologique et social, garantissant la confidentialité des patients.
Sur le plan institutionnel, cette conférence s’inscrit dans la continuité de la campagne nationale « Syrie sans drogue », lancée par les ministères de l’Intérieur et de la Santé le 26 juin dernier. Cette initiative nationale combine prévention, traitement, réhabilitation et application rigoureuse de la loi. À l’échelle locale, la direction de la santé de Homs a mis en place la plateforme « Portail de la guérison », destinée à faciliter l’accès des citoyens aux services de soins disponibles.
Les participants ont conclu que la prévention repose avant tout sur une prise de conscience collective. La protection de la jeunesse est présentée comme une responsabilité partagée incombant aux institutions sécuritaires, sanitaires et éducatives, ainsi qu’à la cellule familiale, pilier essentiel pour prévenir l’entrée dans le cycle de l’addiction et accompagner durablement le parcours des personnes en voie de rétablissement.
