Homs : La récolte des figues, un enjeu économique et social

La saison de la récolte des figues a débuté dans la campagne de Homs, dans l’ouest de la Syrie. Dès l’aube, les agriculteurs rejoignent leurs vergers, munis de leurs paniers, pour une activité qui dépasse largement le cadre agricole. Pour les familles locales, ce moment de l’année constitue une source de revenus essentielle tout en perpétuant une tradition sociale profondément enracinée.
Le processus de récolte mobilise l’ensemble des membres des familles, dont la contribution varie selon l’étendue des vergers et le volume de la production. Selon des témoignages recueillis sur place, les journées de travail commencent dès six heures du matin, dans une atmosphère marquée par l’entraide et la coopération. En pleine période de pic, qui s’étend sur un mois, la production quotidienne atteint une tonne et demie dans certaines zones, comme à Al-Qabu. Les agriculteurs trient soigneusement leur récolte entre la vente sur le marché local et la préparation de la « mouneh », les conserves traditionnelles nécessaires pour les mois d’hiver.
Les variétés de figues cultivées dans la région sont multiples. Parmi les plus prisées figurent les variétés « Al-Marani » et « Al-Samaki », cette dernière étant particulièrement recherchée par les consommateurs. Outre la vente du fruit frais, les agriculteurs valorisent les figues restées sur les arbres en les faisant sécher sur les toits des habitations. Ce procédé permet d’obtenir le « Haboul » ou des colliers de figues séchées, un aliment de base de la réserve hivernale.
Sur le plan économique, cette saison est cruciale. Les revenus générés par la vente du produit permettent aux familles de couvrir leurs besoins fondamentaux et d’investir dans l’achat d’autres provisions indispensables pour la saison hivernale, telles que les olives ou les ingrédients nécessaires à la préparation du « Makdous ».
Bien que la production actuelle soit jugée supérieure à celle de l’année précédente, les agriculteurs restent confrontés à des défis techniques, notamment l’apparition de parasites comme le ver de la tige, contre lequel des mesures de traitement ont été engagées. La viabilité de cette culture, qui occupe une place centrale dans l’économie agricole du Rif de Homs, demeure toutefois tributaire des conditions climatiques, du niveau des services agricoles disponibles, ainsi que des coûts de transport et de la dynamique du marché local, qui déterminent in fine le prix de vente final du produit.
