Arrestation d’Ali Kayali : un pas décisif vers la justice pour Banias

Arrestation d’Ali Kayali : un pas décisif vers la justice pour Banias

Des juristes syriens ont affirmé que l’arrestation d’Ali Kayali, également connu sous le nom de Meraj Ural et considéré comme le principal responsable des massacres de Banias en 2013, constitue une étape charnière dans l’application de l’État de droit et la poursuite des auteurs de crimes contre les Syriens. Pour ces experts, cette mesure concrétise les revendications constantes de justice exprimées par les victimes et leurs familles.

Le bâtonnier des avocats syriens, Mohammad Ali al-Tawil, a qualifié cette arrestation de jalon important dans le processus judiciaire. Il a assuré que les procédures suivront leur cours pour garantir que le suspect réponde de ses actes conformément au droit, affirmant qu’aucune personne impliquée dans le sang d’innocents ne doit échapper à la sanction. Il a ajouté que cette avancée constitue un pilier fondamental pour le rétablissement des droits et la réparation des préjudices, reflétant une volonté nationale de poursuivre la quête de justice.

De son côté, le président de la Ligue des juristes syriens libres, Samer al-Daya, a souligné que l’arrestation de Kayali permet de passer de la phase de documentation à celle de l’instruction judiciaire directe. La Ligue a travaillé ces dernières années à recueillir des témoignages de survivants et des preuves sur les massacres survenus en mai 2013 à al-Bayda et dans le quartier de Ras al-Nabaa, tout en suivant les liens entre les groupes armés dirigés par Kayali et les appareils militaires et sécuritaires.

Samer al-Daya a précisé que l’importance de cette affaire dépasse la qualification pénale des actes de l’intéressé : elle vise à dévoiler le système de planification et de commandement afin d’établir la responsabilité hiérarchique, conformément au droit syrien et aux règles internationales. Il a également noté la dimension transfrontalière du dossier, Kayali étant accusé en Turquie d’implication dans les attentats de Reyhanli en 2013. Cette situation ouvre la voie à une coopération judiciaire et à des échanges de preuves pour juger des crimes restés impunis depuis plus de treize ans.

Le directeur du réseau « Rassed Syrie », Al-Moatassem Bellah al-Kilani, a pour sa part souligné que cette arrestation participe à la reconnaissance des souffrances des victimes. Il a insisté sur la nécessité de préserver les preuves et de protéger les témoins et les survivants pour assurer leur participation sécurisée aux processus de justice transitionnelle, une démarche essentielle pour révéler la vérité et garantir la non-répétition des violations.

Les autorités compétentes ont annoncé l’arrestation d’Ali Kayali alors qu’il tentait de fuir en passant les frontières. Selon les documents des organisations de défense des droits humains, dont le Réseau syrien pour les droits de l’homme, les massacres de 2013 à al-Bayda et Ras al-Nabaa ont causé la mort de 459 civils, dont des dizaines d’enfants et de femmes.


Source : Syria Focus en arabe

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