13 ans après le massacre de la Ghouta : la quête de justice se poursuit

Le 21 août 2024 marque le treizième anniversaire du massacre de la Ghouta, une tragédie durant laquelle des armes chimiques furent utilisées contre la population civile. Dans la nuit du 21 août 2013, vers deux heures du matin, des frappes au gaz sarin ont frappé plusieurs localités de la Ghouta orientale, notamment Zamalka, Ein Tarma, Douma, Jobar et Mouadamiya, causant la mort de plus de 1 400 personnes, dont une large proportion d’enfants et de femmes. Cet événement, l’un des plus sombres du conflit syrien, a laissé des milliers de blessés et marqué durablement les consciences.
Depuis le changement politique intervenu en Syrie le 8 décembre 2024, la commémoration de cette date a pris une nouvelle dimension. Ce qui était autrefois un symbole d’impunité est devenu un pilier central des efforts nationaux pour établir la vérité et rendre justice aux victimes. Les autorités syriennes actuelles travaillent désormais en collaboration étroite avec l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), mettant fin à onze années d’opacité.
Le processus de justice s’est accéléré depuis 2025. Le 9 juillet 2026, la Syrie a recouvré la plénitude de ses droits au sein de l’OIAC. Parallèlement, des avancées majeures ont été réalisées sur le terrain : en mai dernier, la découverte de vingt-cinq projectiles, similaires à ceux utilisés lors de l’attaque de 2013, ainsi que de stocks de précurseurs chimiques, a constitué une preuve matérielle capitale. Cette enquête a conduit à l’arrestation de dix-huit individus, dont des officiers de haut rang et des experts du Centre d’études et de recherches scientifiques, impliqués dans le programme chimique de l’ancien régime.
Parmi les interpellations marquantes figurent celles du général Adnan Abboud Hilweh, ainsi que des officiers Khardal Ahmed Dioub et Ahmed Habib Ali, tous soupçonnés de responsabilités directes dans la planification logistique ou le stockage des armes chimiques employées lors des attaques. Ces arrestations témoignent de la volonté institutionnelle de briser le cycle de l’impunité.
La création de la Commission nationale pour la justice transitionnelle, instituée par le décret présidentiel n° 20 en mai 2025, structure désormais le travail de mémoire et de réparation. En collaboration avec le Mécanisme international, impartial et indépendant (IIIM) des Nations unies, cette commission œuvre à la collecte et à la sécurisation des preuves nécessaires à tout futur procès.
Lors de commémorations récentes, le président Ahmed al-Charaa a rappelé que le droit des victimes à la justice ne saurait être prescrit. Pour les survivants, ces démarches institutionnelles constituent une étape essentielle pour honorer la mémoire des disparus et garantir, par des mesures concrètes et une transparence totale, que de tels crimes ne puissent plus se reproduire sur le sol syrien.
