La raffinerie de Banias entame une maintenance complète pour accroître sa capacité

La Compagnie syrienne du pétrole a lancé un vaste programme de maintenance et de réhabilitation à la raffinerie de Banias, après de longues années d’exploitation continue sans révision générale. Cette étape répond à une nécessité technique urgente visant à assurer la pérennité des installations, à restaurer la disponibilité des unités de production et à renforcer la fiabilité opérationnelle afin d’améliorer la capacité de la raffinerie à fournir des produits pétroliers au marché intérieur.
Le vice-président exécutif de la Compagnie syrienne du pétrole pour le raffinage et les industries chimiques, Tarek al-Abdallah, a expliqué que les évaluations techniques ont confirmé l’urgence de cette intervention en raison de la dégradation de l’état technique de nombreux équipements, consécutive à des années d’exploitation et de maintenance partielle. Il s’agit de la première opération de cette ampleur dans l’histoire de la raffinerie. Les travaux dépassent la maintenance traditionnelle pour inclure le remplacement du réacteur, la réhabilitation de l’unité de distillation et de la centrale électrique, ainsi que l’entretien des infrastructures, des bâtiments et des voies d’accès, en plus de la remise en état des équipements ayant atteint des stades avancés de leur durée de vie opérationnelle.
Ce projet ambitieux vise à porter la capacité opérationnelle de la raffinerie de son niveau actuel d’environ 80 000 barils par jour à 130 000 barils, soit une augmentation de 50 000 barils par jour. Cette hausse devrait contribuer à accroître la production de produits essentiels tels que l’essence, le gasoil, le kérosène et le gaz de pétrole liquéfié, tout en réduisant les pannes soudaines. Cela devrait se traduire positivement par une amélioration de l’efficacité opérationnelle et de la qualité des produits finis.
Al-Abdallah a précisé que la raffinerie prévoyait d’exécuter ces travaux l’année dernière, mais que les retards dans l’approvisionnement en pièces de rechange et en matières premières avaient contraint à reporter l’opération à cette année. Les travaux de révision sont principalement menés par les équipes nationales de la raffinerie avec la contribution d’entreprises locales qualifiées. La raffinerie reprendra progressivement ses activités une fois les tests techniques effectués pour garantir une exploitation en toute sécurité.
Cette opération revêt une importance économique accrue dans le contexte des défis auxquels fait face le secteur énergétique. L’arrêt temporaire de la raffinerie coïncide avec une hausse mondiale des prix des produits pétroliers et des perturbations sur les marchés de l’énergie, alourdissant le coût d’approvisionnement local. La Syrie produit actuellement environ 100 000 barils de pétrole par jour, alors que les besoins sont estimés à près de 300 000 barils, ce qui fait de la raffinerie un pilier fondamental pour réduire le déficit de production.
À l’issue de ces travaux, la capacité de production visée devrait offrir à la raffinerie une plus grande flexibilité pour répondre à la demande locale et réduire la dépendance à l’importation de produits finis, renforçant ainsi la stabilité de l’approvisionnement en dérivés pétroliers dans le pays pour la période à venir.
