Damas : un atelier pour élaborer un plan national de réduction des césariennes

Le ministère syrien de la Santé a organisé, à Damas, un atelier spécialisé afin d’élaborer un plan national visant à réduire les taux de césariennes en Syrie. Cette initiative, menée en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), la Fondation Aga Khan pour les services de santé, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et divers représentants d’organisations internationales, s’inscrit dans le cadre des efforts visant à améliorer la qualité des soins maternels et infantiles.
Lors de cet atelier, la situation actuelle et les causes de l’augmentation des césariennes ont été examinées. La Dre Alaa Arqasoussi, cheffe du département de la santé reproductive au ministère de la Santé, a indiqué que ces taux ont connu une hausse notable au cours des 14 dernières années, en raison des conditions difficiles ayant entravé l’accès aux services de santé et la disponibilité des équipements. Selon les données présentées, le taux de césariennes oscille actuellement entre 55 et 60 % dans le secteur public, tandis qu’il dépasse 80 à 90 % dans le secteur privé.
Le vice-ministre de la Santé, Hussein al-Khatib, a souligné que l’objectif du ministère est de limiter les interventions chirurgicales non justifiées médicalement, tout en rappelant que la césarienne demeure une intervention vitale lorsque l’indication médicale est avérée. M. al-Khatib a précisé que cette hausse résulte de facteurs multiples — cliniques, organisationnels, professionnels, économiques, juridiques et sociétaux — nécessitant une réponse globale. Celle-ci comprendra l’harmonisation des protocoles cliniques, le renforcement des compétences des cadres médicaux dans la prise en charge de l’accouchement naturel, ainsi qu’une sensibilisation accrue de la société.
De son côté, le représentant du FNUAP en Syrie, Boutcha Mrabet, a souligné que le taux mondial de césariennes avoisine les 21 %, avec une projection atteignant 30 % d’ici 2030. Il a averti qu’une augmentation injustifiée par rapport aux recommandations internationales n’offre aucun bénéfice supplémentaire en termes de réduction de la mortalité maternelle ou néonatale, tout en exposant la mère à des risques chirurgicaux et à des complications lors de grossesses ultérieures. Il a insisté sur la nécessité de classer les accouchements selon les normes de l’OMS et de promouvoir le rôle des sages-femmes qualifiées.
La représentante de l’OMS en Syrie, Caroline Clarinval, a affirmé le soutien de l’organisation au ministère pour l’élaboration d’une feuille de route stratégique axée sur la sécurité des naissances. Parallèlement, la Dre Housn Seifo, de la Fondation Aga Khan, a rappelé que l’institution collabore avec ses partenaires depuis 2019 sur ce dossier pour réduire la mortalité infantile en limitant les césariennes non indiquées.
Cet atelier s’inscrit dans une série de projets lancés par le ministère, notamment le programme de renforcement de la profession de sage-femme initié en juin dernier, visant à développer un système de santé qui place la santé maternelle et infantile parmi ses priorités absolues.
