Le FMI met en garde : la résilience économique mondiale face à la dette

Dans son dernier rapport, le Fonds monétaire international (FMI) a averti que la cohésion dont fait preuve l’économie mondiale à l’heure actuelle, malgré la persistance des chocs géopolitiques, ne signifie pas que les risques se sont dissipés. Le Fonds souligne que le coût du maintien des niveaux de croissance ne cesse d’augmenter, alors que la capacité des États à répondre à d’éventuelles perturbations futures diminue, en raison de l’accumulation des dettes publiques, de la hausse des coûts d’emprunt et de la persistance des pressions inflationnistes qui pèsent sur les budgets nationaux.
Les prévisions du FMI révèlent une divergence croissante dans les trajectoires des économies internationales. Certains pays tirent parti de l’essor des investissements liés aux technologies de l’intelligence artificielle et de l’amélioration des conditions commerciales, tandis que d’autres souffrent de la hausse des coûts d’importation, de la faiblesse de la demande et de l’étroitesse de leur marge de manœuvre budgétaire. Ce contraste accentue le fossé entre les économies capables d’absorber les chocs et celles qui restent vulnérables aux répercussions négatives directes.
Concernant les perspectives d’avenir, le rapport publié en octobre lie les trajectoires de croissance à l’évolution du conflit au Moyen-Orient et à ses effets potentiels sur les marchés de l’énergie et les prix. Le FMI a souligné que le maintien de l’activité économique actuelle ne suffit pas à garantir une stabilité durable, à moins que les gouvernements ne parviennent à contenir les risques et à reconstituer des marges budgétaires leur permettant de gérer les crises sans épuiser leurs ressources essentielles ni aggraver les déséquilibres financiers.
Le Fonds prévoit une croissance de l’économie mondiale de 3,1 % en 2026 et de 3,4 % en 2027. Le taux d’inflation devrait atteindre 4,7 % cette année, avant de connaître une légère baisse à 4,1 % l’année prochaine. Ces estimations restent toutefois tributaires de l’absence de nouvelle escalade militaire et du retour à une stabilité habituelle sur les marchés de l’énergie.
Le fossé en matière de résilience économique apparaît clairement dans les prévisions de croissance : l’économie américaine devrait maintenir une progression de 2,3 %, tandis que l’Inde continue d’enregistrer une croissance robuste de 7 % grâce à la vigueur de sa demande intérieure. À l’inverse, les perspectives de certains pays ont été revues à la baisse, avec notamment une prévision de contraction de 3,3 % pour l’économie saoudienne en 2026.
Au sujet du coût de la vie, le FMI a noté que la hausse des prix des denrées alimentaires, de l’énergie et des services de base alourdit les charges financières des ménages et accroît les niveaux de pauvreté et d’inégalités. Le Fonds recommande que les transferts monétaires destinés aux catégories les plus vulnérables soient plus efficaces et moins coûteux que les mesures publiques de plafonnement des prix, qui peuvent s’avérer onéreuses et inefficaces pour cibler les bénéficiaires.
En matière de stabilité financière, le rapport met en garde contre des risques cumulatifs derrière la façade de résilience des marchés, identifiant trois sources principales : un risque de correction des prix des actifs liés à l’intelligence artificielle, une forte hausse des rendements des obligations souveraines et l’augmentation des menaces cybernétiques. Le Fonds appelle à renforcer la transparence financière et à limiter l’effet de levier excessif, tout en insistant sur la nécessité d’approfondir la coopération internationale pour contenir les déséquilibres. Il souligne que le véritable défi réside dans l’équilibre à trouver entre le soutien à l’activité économique et la garantie de la viabilité financière dans un monde de plus en plus complexe.
Source : Syria Focus en arabe
